RDC : Affaire Prince Epenge, l’opposition dénonce une justice à deux vitesses
L’interpellation de Prince Epenge à l’aéroport international de N’djili, à Kinshasa, suscite de vives réactions au sein de l’opposition congolaise. Le porte-parole de Lamuka, également cadre de la coalition C64, a été arrêté dimanche alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour l’Italie, où il devait participer à une rencontre de son regroupement politique.
Depuis Rome, le lundi 26 octobre 2026, Devos Kitoko, secrétaire général de l’ECiDé, parti dirigé par Martin Fayulu, a dénoncé ce qu’il considère comme une inversion des rôles dans le traitement judiciaire du dossier lié aux violences du 15 septembre dernier à Kinshasa.
Selon lui, Prince Epenge et la coalition C64 avaient pourtant saisi la justice en déposant une plainte accompagnée d’éléments audio et vidéo visant plusieurs personnalités politiques et sécuritaires, dont Augustin Kabuya, Jacquemain Shabani, Daniel Bumba et Israël Kantu.
« Ce qui étonne, c'est que la C64 et Prince Epenge, qui sont les plaignants, soient traités comme des malfrats », a déclaré Devos Kitoko, estimant que les personnes mises en cause dans leur plainte restent libres tandis que leur porte-parole se retrouve entre les mains de la justice.
Prince Epenge est notamment poursuivi pour propagation de faux bruits. Il lui est reproché d’avoir qualifié d’« assassinat » la mort de Manassé Lomboto, survenue lors des violences du 15 septembre à Kinshasa.
Cette procédure judiciaire est contestée par les responsables de la C64, qui dénoncent une détention qu’ils jugent injustifiée. Réunis à Rome, les membres du présidium de cette coalition ont fait de la libération de leur porte-parole une priorité.
L’opposition annonce ainsi son intention d’intensifier les démarches et les pressions politiques pour obtenir sa remise en liberté. Elle réclame également que les investigations sur les violences de septembre permettent d’établir les responsabilités des différents acteurs impliqués.
En attendant une éventuelle évolution du dossier, l’affaire Prince Epenge relance le débat sur le traitement judiciaire des acteurs politiques en République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par les tensions entre le pouvoir et l’opposition.
John Kayumba correspondant la voix du Numérique depuis Kinshasa
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