Beni : les défenseurs des droits humains alertent sur la montée inquiétante de la justice populaire

 

Les cas de justice populaire se multiplient ces derniers jours dans plusieurs localités du territoire de Beni, suscitant de vives inquiétudes au sein des organisations de défense des droits humains. Face à cette situation, Maître Olivier Kakule Munzonzo, acteur engagé dans la promotion des droits humains, appelle la population au respect de la loi et des procédures judiciaires.

Interrogé par notre rédaction, ce défenseur des droits humains estime que la recrudescence de ce phénomène est principalement liée à la perte de confiance d'une partie de la population envers les institutions judiciaires. Selon lui, la lenteur des procédures, les soupçons de corruption ainsi que le sentiment d'abandon face à l'insécurité poussent certains citoyens à se faire justice eux-mêmes.

« Lorsque les populations ont l'impression que les auteurs d'infractions ne sont pas poursuivis ou sont rapidement remis en liberté, elles peuvent être tentées de recourir à la violence pour se rendre justice », explique-t-il. Il évoque également l'effet de foule, qui favorise souvent des réactions impulsives et incontrôlées.

Maître Olivier Kakule Munzonzo met en garde contre les conséquences graves de la justice populaire. Outre la violation du principe fondamental de la présomption d'innocence, cette pratique expose des personnes innocentes à des violences parfois mortelles. Elle compromet également le travail des enquêteurs en détruisant des preuves susceptibles de contribuer à l'établissement de la vérité.

Rappelant que la justice populaire constitue une infraction punie par la législation congolaise, il exhorte la population à remettre tout suspect aux services compétents afin qu'il réponde de ses actes devant les juridictions habilitées.

Le défenseur des droits humains invite par ailleurs les autorités judiciaires à renforcer leur efficacité et leur proximité avec les citoyens afin de restaurer la confiance de la population dans les institutions de l'État.

Cette mise en garde intervient au lendemain d'un drame survenu à Sikwaila, dans le groupement Batangi-Mbau, où un élément des FARDC a été lynché à mort par des habitants après avoir été confondu avec un combattant ADF. Selon les informations recueillies sur place, son comportement jugé suspect aurait conduit la foule à l'accuser à tort d'appartenir au mouvement rebelle.

Mathe Mukosa Jean-Vianney
La voix du Numérique 

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