Oïcha : Afrika Amani dénonce les tracasseries militaires sur les axes agricoles de Maleki et Mamove

L’organisation citoyenne Afrika Amani, antenne d’Oïcha, dénonce la perception présumée de taxes illégales par certains militaires aux postes de contrôle situés sur les routes de desserte agricole reliant Oïcha à Maleki et à Mamove, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu.

Selon cette organisation, des cultivateurs transportant leurs produits agricoles seraient contraints de payer des sommes allant jusqu’à 2 000 francs congolais, voire davantage, pour chaque colis transporté, particulièrement aux heures vespérales, après le départ des agents des services habilités.

Les produits concernés comprennent notamment le bois de chauffe, les haricots, l’huile de palme, les feuilles de manioc communément appelées « sombé », le cacao et les cossettes de manioc. Afrika Amani affirme que ces paiements sont exigés sans délivrance de quittance.

Dans sa dénonciation, l’organisation rappelle que ces pratiques auraient déjà été signalées à plusieurs reprises par la société civile Forces vives locale auprès des autorités compétentes. Elle déplore toutefois l’absence de mesures jugées suffisantes de la part des autorités urbaines et de la hiérarchie militaire pour mettre fin à cette situation.

Un risque pour les activités agricoles et la sécurité alimentaire

Afrika Amani souligne que la mission des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux postes de contrôle est avant tout d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, et non de se substituer aux services légalement habilités à percevoir les taxes.

Pour cette organisation citoyenne, ces pratiques présumées constituent un fardeau supplémentaire pour les cultivateurs, dont les revenus dépendent essentiellement de la commercialisation de leurs récoltes.

Elle estime que ces tracasseries risquent de décourager les activités agricoles, d'aggraver la précarité alimentaire dans la région et de fragiliser les relations entre les civils et les militaires, alors que la collaboration entre la population et les forces de sécurité demeure essentielle dans le contexte sécuritaire de la région de Beni.

Appel à l'intervention des autorités

Face à cette situation, Afrika Amani appelle le maire de la ville d’Oïcha et le commandement des FARDC à s’impliquer personnellement afin de mettre un terme aux perceptions dénoncées sur les axes Oïcha-Maleki et Oïcha-Mamove.

L’organisation invite également la population à s’opposer à la perception de sommes qu’elle considère comme illégales par les militaires, tout en privilégiant le signalement de ces pratiques aux autorités compétentes.

Cette dénonciation est signée par Darius Syayira, coordonnateur d’Afrika Amani à Oïcha.

Mathe Fabrice correspondant la voix du Numérique 

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