Haut-Uele : à Avokala, la société civile demande un assouplissement des conditions de paiement des parcelles marchandes

La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC), antenne d’Avokala, dans la chefferie de Bari-Logo, territoire de Watsa, en province du Haut-Uele, salue la décision de la chefferie de mettre à la disposition de la population des portions de terre destinées aux activités commerciales. Elle plaide toutefois pour un assouplissement des modalités de paiement afin de tenir compte de la situation économique des habitants.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi 13 octobre 2026, le coordonnateur de cette structure citoyenne, Amuta Moria Hugues, indique que la décision a été annoncée dimanche 11 octobre dans les églises locales. Il y voit l’aboutissement d’une revendication portée depuis longtemps par la communauté, avec le soutien de la société civile, de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), de la Ligue des jeunes et de la Synergie des jeunes vigilants.

Selon lui, l’opération, lancée lundi 12 octobre, prévoit l’attribution d’une portion de terre à chaque demandeur moyennant 200 000 francs congolais, soit environ 100 dollars américains.

« C’était le souhait de la communauté depuis longtemps. Nous nous réjouissons que la chefferie de Bari-Logo puisse prendre cette décision », a déclaré Amuta Moria Hugues.

Des inquiétudes liées à la situation socio-économique

Tout en saluant cette initiative, la Nouvelle Société civile congolaise d’Avokala estime que sa mise en œuvre intervient dans un contexte difficile pour la population locale.

Elle déplore notamment le manque d’opportunités d’emploi et de formations destinées à favoriser l’autonomisation des jeunes, en dehors des constructions en cours initiées par la société minière Kibali Gold Mine. La structure citoyenne affirme également que plusieurs engagements pris en faveur de la communauté lors de sa délocalisation n’ont toujours pas été concrétisés.

Par ailleurs, elle appelle la chefferie de Bari-Logo à veiller au respect du plan initial d’aménagement du marché d’Avokala, qui prévoyait la construction de plusieurs pavillons. Elle relève également que les travaux de construction des toilettes publiques ne sont pas encore achevés.

Un délai de paiement réclamé aux bénéficiaires

Concernant le montant fixé à 100 dollars américains pour l’acquisition d’une portion de terre, la société civile affirme ne pas remettre en cause le principe de paiement. Elle demande néanmoins à la chefferie d’accorder aux bénéficiaires un délai raisonnable pour s’acquitter de cette somme.

Amuta Moria Hugues propose que les demandeurs puissent occuper leurs parcelles avant de procéder au paiement, avec un délai allant d’une semaine à un mois pour réunir le montant exigé.

« Nous demandons que nos paisibles citoyens soient autorisés à occuper préalablement les parcelles et qu’un délai d’une semaine à un mois leur soit accordé pour s’acquitter du montant. Exiger un paiement cash et immédiat serait une punition pour une communauté démunie », a-t-il plaidé.

La société civile dénonce des pressions contre ses leaders

Dans la même déclaration, la structure citoyenne dénonce des pressions et des poursuites qui seraient exercées par certaines autorités contre des leaders locaux engagés dans la défense des droits de la population d’Avokala.

Elle insiste sur le caractère pacifique de son action et rappelle que les initiatives récemment menées dans la région, notamment l’envoi d’un ultimatum à l’autorité territoriale de Watsa, l’organisation d’une journée ville morte et des manifestations pacifiques, visaient à obtenir le respect des droits de la communauté.

Actuellement dans un lieu tenu secret, Amuta Moria Hugues affirme que cette situation ne signifie ni un abandon de son engagement ni une renonciation aux revendications de la population.

« Si je suis ici, ce n’est pas par peur ni pour vous abandonner. C’est un repli stratégique pour continuer à réclamer nos droits afin qu’un jour nous puissions en jouir. Nous ne sommes pas des ennemis de la République parce que nous réclamons nos droits », a-t-il déclaré.

La Nouvelle Société civile congolaise d’Avokala réaffirme enfin sa détermination à poursuivre les démarches visant à obtenir le respect des engagements pris envers la communauté lors de sa délocalisation et de sa réinstallation, notamment ceux attribués au département social de Kibali Gold Mine.

Alphani Byaômbe Alidor correspondant la voix du Numérique 

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