Haut-Uélé : la recrudescence de l’insécurité fait perdre à Isiro sa légendaire quiétude
Longtemps considérée comme l’une des villes les plus paisibles du nord-est de la République démocratique du Congo, Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, fait aujourd’hui face à une montée inquiétante de l’insécurité.
Cambriolages à mains armées, fusillades, agressions et découvertes de corps sans vie se multiplient ces dernières semaines, plongeant une partie de la population dans la psychose.
Parmi les incidents récents figure l’attaque dont a été victime, il y a un peu plus d’une semaine, un responsable du Conseil provincial de la jeunesse (CPJ), atteint par balle réelle à l’une de ses jambes.
Quelques jours plus tard, un autre fait divers est venu raviver les inquiétudes. Le corps sans vie d’un homme âgé d’environ 35 ans a été découvert dans un ravin du quartier Raquette, dans la commune de Kupa, non loin du bureau de représentation de Kibali Gold Mine. Selon les premières constatations, la dépouille, déjà en état de décomposition avancée, présentait des traces d’agressions physiques au visage.
Alertées, les autorités communales se sont rendues sur le lieu pour constater les faits. Les services de sécurité ainsi que la Croix-Rouge ont ensuite été sollicités pour procéder à la levée du corps avant son inhumation.
Ce jeudi matin, c’est le quartier Tely qui s’est réveillé dans une atmosphère de peur. Sur l’avenue Madulunga, les habitants ont découvert le corps sans vie d’un menuisier qui vivait seul et exerçait son métier depuis son domicile. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de sa mort.
Face à cette recrudescence de la criminalité, les autorités provinciales civiles, militaires et policières affirment multiplier les initiatives pour tenter de restaurer la quiétude. Des parades mixtes FARDC-PNC, des patrouilles nocturnes ainsi que le couvre-feu instauré de 22 heures à 5 heures à Isiro et à Watsa figurent parmi les principales mesures mises en place.
Cependant, malgré ce dispositif sécuritaire renforcé, les actes criminels continuent d’être signalés, suscitant de nombreuses interrogations au sein de la population.
De son côté, la synergie de la société civile appelle les habitants à faire preuve d’une vigilance accrue et à collaborer avec les services compétents afin d’identifier les auteurs et les instigateurs de ces troubles.
Pour les habitants d’Isiro, l’espoir demeure celui d’un retour rapide à la paix et à la stabilité dans une ville qui, pendant de longues années, avait bâti sa réputation sur sa relative quiétude, malgré son statut de siège des principales institutions provinciales et des membres du Conseil provincial de sécurité.
Joseph Kobale correspondant La voix du Numérique depuis haut-Uele
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