RDC : l’ATC dénonce des propos jugés discriminatoires envers les femmes du Maniema
Maniema : la polémique prend de l’ampleur autour des propos attribués au président intérimaire de l’Assemblée provinciale du Maniema, également vice-président de cette institution. L’association Avant Tout le Congo (ATC/ASBL) s’insurge contre des déclarations qu’elle considère comme dévalorisantes à l’égard des femmes de la province.
Dans une lettre ouverte datée du samedi 22 août 2026, dont une copie nous est parvenue, la présidente nationale de l’ATC, Mireille Safalani, affirme être profondément choquée par les propos tenus lors d’une audience accordée, vendredi 21 août, aux membres de l’ASBL SAFI MANIEMA.
Ces dernières s’étaient rendues auprès du responsable de l’Assemblée provinciale pour dénoncer la faible représentativité des femmes dans les instances de gouvernance de la province.
Selon plusieurs médias locaux, dont Termis8TV et Source de l’éditeur Média Infos, le président intérimaire aurait notamment estimé que les femmes du Maniema n’étaient pas suffisamment à la hauteur des responsabilités qui pourraient leur être confiées.
Des propos que l’ATC juge préoccupants. Pour Mireille Safalani, une telle perception risque de renforcer les stéréotypes qui constituent déjà un obstacle à la participation des femmes à la gestion de la chose publique.
« Dire que la femme du Maniema doit être déterminée pour confirmer son savoir lorsqu’on lui confie des responsabilités donne l’impression qu’elle doit prouver sa compétence, alors que l’homme serait présumé compétent », dénonce-t-elle dans sa lettre ouverte.
La présidente nationale de l’ATC rappelle que le Maniema dispose de nombreuses femmes instruites, expérimentées et capables d’assumer des responsabilités publiques avec compétence et rigueur. Elle estime qu’il serait injuste d’attribuer à l’ensemble des femmes les éventuelles insuffisances d’une personne.
Pour l’ATC, les institutions provinciales devraient plutôt contribuer à promouvoir les compétences féminines et à garantir l’égalité des chances dans l’accès aux postes de responsabilité.
« Les femmes du Maniema n’ont pas besoin qu’on leur explique qu’elles doivent être intelligentes ou compétentes. Elles le sont déjà. Ce qu’elles demandent, c’est l’égalité des chances », soutient Mireille Safalani.
Cette prise de position intervient alors que la question de la représentation des femmes dans les institutions du Maniema suscite de plus en plus de débats au sein de la société civile.
Contacté pour réagir à ces accusations, le président intérimaire de l’Assemblée provinciale du Maniema n’a pas pu être joint. Toutes les tentatives pour recueillir sa version des faits sont restées sans suite.

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