RDC : le Centre de promotion de l'Apiculture Congolaise plaide pour une réforme de l'enseignement supérieur inspirée du modèle chinois
Le Centre de promotion de l'Apiculture Congolaise, dénommé Maison du Miel Congolais-SARLU, une entreprise commerciale privée du secteur apicole créée par l'ONG CEMADI et spécialisée dans la recherche-action, la production, la transformation locale ainsi que la commercialisation des produits des abeilles « Made in DRC », appelle à une profonde réforme du système d'enseignement supérieur en République démocratique du Congo afin de lutter contre le phénomène croissant des diplômés sans emploi.
Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 30 juillet 2026, cette structure estime que le développement d'un pays repose avant tout sur la formation de compétences capables de répondre aux besoins de l'économie réelle. Elle cite l'exemple de la Chine, devenue la deuxième puissance économique mondiale grâce à une politique ayant placé l'université au service de la production.
« En Chine, l'université n'est pas une usine à chômeurs diplômés comme c'est souvent le cas en Afrique. C'est une véritable usine à solutions, adaptée aux besoins de l'industrie et du territoire », souligne la Maison du Miel Congolais-SARLU.
L'entreprise précise qu'elle ne remet pas en cause les sciences humaines, mais plaide pour leur réorientation vers le développement économique. Selon elle, la sociologie peut contribuer à mieux comprendre les marchés, la communication à promouvoir les innovations et le droit à sécuriser les investissements, dans une logique de création de richesses.
Dans cette perspective, la structure recommande que 70 % des financements publics destinés à l'enseignement supérieur soient orientés vers des filières jugées stratégiques, notamment l'ingénierie, les sciences appliquées, la chimie, la physique, l'informatique, l'agronomie, la médecine, la nutrition, la prévention et les biotechnologies.
L'objectif, explique-t-il, est d'atteindre l'autosuffisance alimentaire et sanitaire, tout en valorisant les ressources naturelles du pays grâce à une industrialisation locale, afin de faire de la RDC un pays émergent à l'horizon 2050.
Le Centre de promotion de l'Apiculture Congolaise rappelle qu'en Chine, l'ouverture d'une nouvelle filière universitaire répond à des besoins clairement identifiés. Trois questions essentielles orientent ce choix : quels profils seront recherchés par l'industrie dans les cinq prochaines années ? Quel problème concret du territoire faut-il résoudre ? Quelle entreprise sera en mesure d'absorber les futurs diplômés ?
À l'inverse, la structure regrette qu'en RDC, certaines formations restent déconnectées des réalités économiques, alors que des secteurs clés manquent cruellement de compétences. Des provinces comme le Nord-Kivu, souligne-t-elle, ont un besoin urgent de géologues, d'agronomes, d'ingénieurs des mines, de spécialistes du génie civil, d'architectes, de médecins, de nutritionnistes et surtout d'agro-industriels capables de transformer localement le cacao, l'huile de palme, le manioc ou encore les minerais, au lieu de les exporter à l'état brut.
Pour inverser cette tendance, la Maison du Miel Congolais-SARLU propose trois réformes prioritaires : instaurer un partenariat obligatoire entre chaque faculté et une entreprise du secteur concerné, créer des incubateurs universitaires afin de transformer les travaux de fin de cycle et mémoires en entreprises viables, et revoir les critères d'évaluation des enseignants en intégrant notamment le nombre de brevets déposés ainsi que le taux d'insertion professionnelle de leurs étudiants.
Tout en saluant les efforts du gouvernement congolais dans la construction de nouvelles infrastructures universitaires, l'entreprise insiste sur la nécessité de leur donner un véritable contenu productif.

Effectivement, la stratégie de formation doit changer pour promouvoir l'auto employabilité.
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