RDC : la Cour des comptes met en cause provisoirement le gouverneur du Maniema et son ordonnateur dans un dossier de 840 millions de CDF
La Cour des comptes a rendu, mardi 14 juillet, un arrêt provisoire dans le dossier relatif à un présumé détournement de 840 millions de francs congolais impliquant le gouverneur du Maniema, Moïse Mussa Kabwankubi, le ministre provincial des Finances Ali Kyamasa et l'ordonnateur délégué Bienvenu Kingalu.
Au cœur de cette affaire figure un transfert de 840 millions de CDF provenant des caisses de la province vers le compte privé du député national Adolphe Amisi Makutano. Selon les éléments examinés par la Cour, cette opération aurait été effectuée sans libellé ni documents justificatifs permettant d'en établir la régularité.
Dans son arrêt provisoire, la Cour des comptes a retenu la responsabilité du gouverneur Moïse Mussa Kabwankubi et de l'ordonnateur délégué Bienvenu Kingalu, qu'elle qualifie de « comptables des faits ». En revanche, le ministre provincial des Finances, Ali Kyamasa, a été mis hors de cause. Les juges ont estimé qu'aucun élément ne démontrait son implication dans cette transaction, malgré les déclarations des autres prévenus évoquant une décision prise par le Conseil provincial de sécurité, une instance dont il ne fait pas partie.
La juridiction financière a également saisi le Vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur afin qu'il convoque les deux responsables concernés. Le gouverneur et son ordonnateur disposent d'un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt pour produire les pièces justificatives nécessaires à l'établissement d'un compte unique, exact, régulier et détaillé.
Cette décision provisoire a été saluée par plusieurs acteurs de la société civile du Maniema, notamment l'association Avant tout le Congo (ATC), qui avait récemment lancé une pétition réclamant le départ et l'interpellation du gouverneur pour des faits présumés de malversation financière.
Sa présidente nationale, Mireille Safalani, estime que cette décision judiciaire renforce la démarche engagée par son organisation en faveur d'une gouvernance plus transparente dans la province.
Le dossier reste toutefois ouvert. Les personnes mises en cause disposent encore de la possibilité d'apporter les justificatifs exigés avant que la Cour des comptes ne rende son arrêt définitif.

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