Irumu : trois morts dans des affrontements au centre de santé de Nyakunde, la fuite des patients fait craindre une propagation d'Ébola
La nuit du mercredi 15 juillet 2026 a été marquée par de violents affrontements au centre de santé de Nyakunde, dans le territoire d'Irumu (Ituri). Une altercation entre le personnel soignant et les proches d'une femme enceinte a dégénéré en échanges de tirs, faisant au moins trois morts, dont le chef de la milice FPIC/Chini ya Kilima.
Selon les informations rapportées, le drame a commencé vers 19 heures lorsqu'une femme enceinte a été admise dans la structure sanitaire pour des soins d'urgence. Après examen, les médecins auraient recommandé une intervention chirurgicale immédiate. Toutefois, la patiente souffrait d'une anémie sévère nécessitant une transfusion sanguine.
En raison des mesures sanitaires renforcées liées à l'épidémie d'Ébola qui sévit dans la région, les prélèvements sanguins locaux étaient interdits, conformément aux protocoles en vigueur. Cette situation aurait suscité l'incompréhension des membres de la famille de la patiente, provoquant une vive altercation avec le personnel médical avant de dégénérer en violences.
La tension s'est aggravée avec l'arrivée de jeunes armés présentés comme des éléments de la milice Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), également connue sous le nom de Chini ya Kilima. Des coups de feu ont retenti à l'intérieur et aux abords du centre de santé.
D'après les premières informations, le chef de cette milice, connu sous le nom de « général Hérode », qui serait intervenu pour tenter de calmer ses combattants, a été tué au cours des affrontements. Deux de ses gardes du corps ont également perdu la vie. Le bilan reste provisoire.
Au-delà des pertes humaines, cet incident suscite une vive inquiétude sur le plan sanitaire. L'Association pour la Protection de l'Enfance et de la Famille (APDEF) affirme que la panique provoquée par les affrontements a entraîné la fuite de tous les patients hospitalisés au centre de santé.
L'organisation redoute que ces malades, désormais dispersés dans la communauté sans suivi médical, ne favorisent une éventuelle propagation du virus Ébola. Elle appelle les autorités sanitaires et sécuritaires à intervenir rapidement afin de retrouver les patients, sécuriser le centre de santé et éviter une aggravation de la situation sanitaire dans cette partie du territoire d'Irumu.

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