Beni : reprise partielle des cours à Bungulu, blocage persistant sur l’axe Bulongo–Mutwanga
La situation du secteur éducatif demeure contrastée dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Alors que certaines zones amorcent une reprise des activités scolaires, d’autres restent fortement affectées par la grève des enseignants.
À Bungulu, en ville de Beni, le Syndicat national des enseignants catholiques (SYNECAT) a décidé de suspendre temporairement son mouvement de grève. Cette décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue le mercredi 22 avril 2026. Dans une déclaration lue par son secrétaire permanent, Muhindo Katsuya Delphin, le syndicat évoque des avancées jugées encourageantes après des échanges avec les autorités, notamment concernant la situation de deux enseignants arrêtés.
Le SYNECAT précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’un abandon de la lutte, mais d’une démarche visant à décrisper le climat et à permettre à la justice de suivre son cours. Il appelle ainsi à la reprise des cours dès ce jeudi 23 avril, dans le calme, tout en invitant les enseignants à rester vigilants quant à l’évolution du dossier.
En revanche, la situation reste tendue sur l’axe Bulongo–Mutwanga–Mwenda. Dans la sous-division de Bulongo, la grève continue de paralyser les activités scolaires, suscitant de vives inquiétudes parmi les élèves.
Réunis le mardi 21 avril 2026 en assemblée générale extraordinaire à l’Institut Malambo de Bulongo, les représentants des élèves ont dénoncé les perturbations répétées du calendrier scolaire. Par la voix de leur porte-parole, Alexandre Fimbo Zawadi, ils redoutent un impact négatif sur leur préparation aux examens d’État et appellent les autorités à des mesures urgentes.
Dans ce contexte, l’intersyndicale composée du SYNECAT, du SYECO et du SYNEP prévoit une assemblée générale ce samedi 25 avril à l’Institut Ruwenzori. Cette rencontre devra statuer sur la suite du mouvement.
Au centre des revendications figure notamment le dossier judiciaire de deux enseignants de Mutwanga, Kakule Wakisa Jean Louis et Mumbere Ntambire Roger, condamnés respectivement à 4 et 18 ans de prison par un tribunal militaire pour des faits de torture ayant entraîné la mort d’un élève.
Pour Florent Mulauli du SYNECATH, les résolutions issues de cette assemblée seront déterminantes pour la reprise ou non des cours dans cette partie du territoire.
Entre reprise timide à Bungulu et paralysie persistante à Bulongo–Mutwanga, l’année scolaire dans le territoire de Beni reste suspendue aux décisions syndicales et à l’évolution des procédures judiciaires en cours.

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