RDC – Accord RDC–USA : une mise au point ferme face aux propos de Mgr Fulgence Muteba
Kinshasa – Une vive polémique secoue l’opinion publique congolaise après les propos tenus par Mgr Fulgence Muteba au sujet de l’Accord de partenariat stratégique signé entre la République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique. Des déclarations jugées factuellement fausses par plusieurs sources proches du dossier, qui dénoncent une désinformation grave sur un sujet d’intérêt national.
Contrairement aux affirmations relayées dans l’homélie de l’archevêque, aucun accord de 99 ans n’existe, pas plus qu’un quelconque bradage des ressources naturelles, la cession d’une mine ou une atteinte à la souveraineté nationale congolaise. Le texte signé et rendu public le jour même de la signature ne fait état ni de durée excessive, ni de concessions minières nommément citées, encore moins d’un abandon des prérogatives de l’État congolais.
Un cadre de principes, pas un acte de cession
L’Accord RDC–USA définit avant tout un cadre de principes destiné à encadrer une coopération stratégique fondée sur la transparence, l’équité et le bénéfice mutuel (win-win). Il réaffirme clairement que l’État congolais conserve l’intégralité de son pouvoir souverain, y compris le droit de refuser toute proposition jugée contraire à l’intérêt national.
Dès lors, affirmer le contraire, alors même que le document est public et qu’un briefing explicatif a été tenu en direct le jour de la signature, apparaît pour plusieurs observateurs comme une manipulation de l’opinion.
Un silence dénoncé sur l’agression à l’Est
Au-delà de la controverse sur l’accord, de nombreuses voix s’interrogent sur le silence observé lors de cette homélie de Noël concernant la situation dramatique à l’Est du pays. À l’occasion de cette journée de communion chrétienne, plusieurs fidèles s’attendaient à des paroles claires et fermes pour condamner les massacres perpétrés par les forces rwandaises et leurs supplétifs dans les zones sous occupation, où des milliers de Congolais, y compris des chrétiens catholiques, perdent la vie.
Aucune dénonciation explicite n’a non plus été faite sur l’agression caractérisée de la RDC, la tentative d’expansion territoriale du Rwanda, ni sur le pillage systématique des ressources minières congolaises.
Rubaya, Uvira et les déplacés : des faits alarmants
Les chiffres parlent pourtant d’eux-mêmes. Grâce à l’exploitation illicite de la zone minière de Rubaya, le Rwanda a vu ses exportations de coltan augmenter de 213 % entre janvier et juin 2025, selon des données disponibles. Un fait lourd de conséquences économiques et humaines pour la RDC, resté sans commentaire dans le message pastoral incriminé.
Par ailleurs, plus de 500 000 Congolais ont été contraints à l’errance après les attaques contre la ville d’Uvira, plongeant des familles entières dans une crise humanitaire profonde.
Un appel à la vérité et au débat public
Se référant aux Saintes Écritures, notamment Éphésiens 4:25 — « Renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain » — les auteurs de cette mise au point appellent à la responsabilité morale et à la rigueur dans la communication, surtout lorsqu’il s’agit de questions aussi sensibles que la souveraineté nationale.
Ils interpellent directement Mgr Fulgence Muteba : de quel texte tire-t-il l’affirmation d’un engagement de 99 ans, répétée avec insistance dans son homélie ?
Enfin, au nom de la transparence et de la redevabilité, les autorités concernées se disent disponibles pour un débat public, afin d’éclairer le peuple congolais — et le peuple de Dieu — sur le bien-fondé et le contenu réel de cet Accord stratégique. A conclu Patrick Muyaya, porte parole du gouvernement congolais.

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