Journée mondiale de l’eau 2026 : à Kasindi-Lubiriha, l’accès à l’eau potable au cœur des inégalités de genre
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2026, célébrée chaque 22 mars, les acteurs de la société civile et les organisations engagées dans le secteur de l’eau tirent la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de l’accès à l’eau potable en République démocratique du Congo, et particulièrement dans l’agglomération de Kasindi-Lubiriha.
Face à une explosion démographique croissante dans cette zone frontalière, les besoins en eau potable deviennent de plus en plus pressants. Malgré les efforts fournis par l’État congolais et ses partenaires, notamment des organisations comme ACOEP, UHS, TEAR FUND, CICR, OXFAM, HYFRO et Solidarités International, de nombreux défis persistent dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement (WASH).
La mise en œuvre de la loi portant code de l’eau constitue certes une avancée notable dans la régulation du secteur, mais son application reste encore limitée sur le terrain. Selon Masika Mirembe Florence, la précarité de l’accès à l’eau potable engendre des violations des droits fondamentaux, en particulier ceux des femmes et des enfants, qui sont les plus exposés aux conséquences de cette pénurie.
Pourtant, la RDC demeure un véritable « pays-solution » en matière de ressources hydriques. Elle détient à elle seule plus de 50 % des réserves d’eau douce du continent africain. Le pays compte également plusieurs sites d’importance internationale reconnus par la Convention de Ramsar, notamment le Parc national des Virunga, le parc marin des Mangroves, le bassin de la Lufira et le complexe de Tumba-Ngiri-Maindombe.
Le thème retenu pour cette édition 2026, « Eau et genre : l’eau, source d’égalité » (Where water flows, equality grows), met en lumière le lien étroit entre l’accès à l’eau potable et la réduction des inégalités, en particulier pour les femmes et les filles. Dans de nombreuses communautés, ce sont elles qui supportent le poids de la corvée d’eau, au détriment de leur éducation, de leur santé et de leur autonomisation.
Dans ce contexte, le Collectif de Jeunes Unis pour la Protection de la Nature (COJUPN) par la bouche autorisée de son coordonnateur Kasereka Vyambithe se positionne comme une véritable sentinelle environnementale. L’organisation insiste sur la nécessité de préserver les forêts, essentielles à la protection des sources d’eau. Dans le secteur de Ruwenzori, notamment dans le groupement Basongora, les effets du changement climatique et de la déforestation se font sentir depuis plus de deux décennies, fragilisant davantage les ressources en eau.
Au niveau mondial, les chiffres restent alarmants : environ 2,2 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable sûre. Les Nations Unies appellent ainsi à une gouvernance plus inclusive du secteur, en lien avec les Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 6 (eau et assainissement) et l’ODD 5 (égalité des sexes).
En RDC, la situation est particulièrement critique. Malgré l’abondance des ressources hydriques, seuls 26 % de la population ont accès à une eau potable salubre, bien en dessous de la moyenne de l’Afrique subsaharienne estimée à 60 %. Les infrastructures vétustes, le manque d’investissements et les conséquences des conflits armés ont fortement affaibli les systèmes d’approvisionnement en eau.
Les populations les plus pauvres, tant en milieu rural qu’urbain, paient le prix fort de cette crise, avec des conséquences sanitaires et sociales majeures. Dans des villes en pleine expansion comme Kasindi-Lubiriha, l’urgence est désormais d’agir pour garantir un accès équitable et durable à l’eau potable.
En cette Journée mondiale de l’eau, les acteurs locaux appellent à une mobilisation accrue des autorités, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des communautés, afin de faire de l’eau un véritable levier de développement, de justice sociale et d’égalité.


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