Butembo : des mouvements citoyens mettent la pression sur le maire et la police face à l’insécurité persistante
La synergie des mouvements citoyens et groupes de pression de la ville de Butembo est montée au créneau pour dénoncer la dégradation continue de la situation sécuritaire et exiger des mesures urgentes de la part des autorités locales.
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 11 février 2026, cette plateforme accuse le maire de Butembo, le commissaire supérieur Mowa Baeki Telly Roger, ainsi que le commandant urbain de la Police nationale congolaise (PNC), le commissaire supérieur Georges Gonjila, de manquements dans leur mission de protection de la population.
Selon les signataires, près d’une centaine de personnes auraient perdu la vie en l’espace d’une année dans la ville de Butembo, dans des cas d’assassinats, de vols à main armée et d’autres formes de violations des droits humains.
Au-delà de la ville, les mouvements citoyens alertent également sur la persistance de l’insécurité dans les zones rurales environnantes, notamment dans les villages fournisseurs de vivres et de biens de première nécessité, situés dans les secteurs de Beni-Mbau et de Bapere, au sein du groupement Mwenye. Ces entités seraient régulièrement la cible d’attaques attribuées aux ADF et à leurs supplétifs.
La synergie critique par ailleurs la gestion sécuritaire de la province du Nord-Kivu, placée sous état de siège et administrée par le général-major Kakule Somo Evariste. Elle estime que les trois piliers annoncés — sécurité, développement et humanitaire — n’ont pas, jusque-là, produit des résultats perceptibles sur le terrain.
Face à ce qu’elle qualifie d’inaction des autorités, la synergie formule plusieurs exigences, notamment le départ immédiat du maire de Butembo, le relèvement du commandant urbain de la PNC, la délocalisation des positions des Wazalendo à l’intérieur et aux alentours de la ville, ainsi que l’interpellation du gouverneur militaire pour sa gestion jugée insuffisante du volet sécuritaire.
La plateforme prévient que, faute de réponses concrètes dans un délai qu’elle juge raisonnable, elle se réserve le droit d’engager d’autres actions de grande envergure.
Pour rappel, le 13 janvier 2026, ces mêmes mouvements citoyens avaient déjà organisé une journée ville morte afin d’alerter les autorités sur les mêmes préoccupations sécuritaires.
Les organisations signataires de la déclaration sont notamment : LUCHA, Véranda Mutsanga, Parlement Debout de Furu, Filimbi, Table Ronde, Raiya Anasimama, Gen Z RDC et le Cercle des Veilleurs.

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