Basongora : l’eucalyptus, une alternative au bois de chauffage face à la pression sur les forêts
Alors que les ménages du groupement Basongora font face à une pénurie croissante de bois de chauffage, le débat sur les alternatives durables s’intensifie. L’eucalyptus, arbre à croissance rapide et largement disponible dans plusieurs régions, s’impose progressivement comme une solution potentielle. Mais son exploitation soulève également des préoccupations environnementales.
Selon Kasereka Vyambithe, président du Collectif des Jeunes Unis pour la Protection de la Nature (COJUPN), le choix du bois de chauffage est crucial pour garantir à la fois le confort des ménages et l’efficacité énergétique.
L’eucalyptus : un combustible aux atouts indéniables
D’après le responsable du COJUPN, l’eucalyptus présente plusieurs avantages significatifs comme bois énergie :
Croissance rapide, permettant un renouvellement plus fréquent de la ressource ;
Disponibilité accrue grâce aux plantations dédiées ;
Bon pouvoir calorifique, assurant une combustion efficace ;
Potentiel économique, notamment pour les communautés locales impliquées dans la production et la commercialisation.
La croissance rapide de nombreuses espèces d’eucalyptus en fait une ressource potentiellement abondante et relativement abordable dans certaines zones. Des plantations organisées peuvent contribuer à réduire la pression sur les forêts naturelles.
La nécessité d’une gestion durable
Cependant, Kasereka Vyambithe insiste sur un point essentiel : l’exploitation de l’eucalyptus doit impérativement s’inscrire dans une démarche de sylviculture responsable.
« L’utilisation d’eucalyptus issu de forêts gérées durablement présente des avantages écologiques et économiques », souligne-t-il. Cela implique le respect des cycles de renouvellement, la préservation de la biodiversité et l’évitement des pratiques destructrices.
La certification des forêts d’où provient le bois constitue un indicateur important de la durabilité de la filière. Une gestion encadrée permettrait d’assurer la pérennité de la ressource tout en protégeant les écosystèmes.
Les risques environnementaux liés à la monoculture
Le président du COJUPN met néanmoins en garde contre la culture intensive de l’eucalyptus en monoculture. Cette pratique peut entraîner :
la dégradation des sols ;
la réduction de la biodiversité ;
l’appauvrissement des écosystèmes locaux ;
une pression accrue sur les ressources en eau.
L’empreinte écologique d’une exploitation mal encadrée pourrait ainsi annuler les bénéfices attendus.
Virunga menacé : un cri d’alarme
Dans un contexte marqué par une explosion démographique et une forte demande en bois énergie, les écosystèmes forestiers sont de plus en plus fragilisés. Le COJUPN tire la sonnette d’alarme concernant les aires protégées, notamment le Parc national des Virunga.
Selon l’organisation, si aucune mesure urgente n’est prise, la station Nord du parc pourrait, dans une dizaine d’années, subir une déforestation critique liée à l’exploitation incontrôlée du bois de chauffage.
Face à cette menace, le COJUPN lance un SOS environnemental et appelle les autorités, les partenaires techniques ainsi que la population à promouvoir des alternatives durables, à encourager les plantations communautaires encadrées et à renforcer la protection des aires protégées.
Pour les acteurs environnementaux, la solution ne réside pas uniquement dans le choix d’une essence comme l’eucalyptus, mais dans une gestion responsable et concertée des ressources forestières afin de préserver l’équilibre écologique pour les générations futures.

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