Adolphe Muzito : « Si le Rwanda veut la guerre, il l’aura »
Dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), le vice-Premier ministre congolais en charge du Budget, Adolphe Muzito, a tenu un discours sans ambiguïté. Dans un entretien accordé à France 24, ce mercredi 7 janvier 2025, il affirme que la RDC se prépare à une éventuelle guerre avec le Rwanda, tout en poursuivant les efforts diplomatiques.
« Si le Rwanda veut la guerre, il l’aura », avertit-il, évoquant une situation qui demeure explosive malgré les initiatives internationales. Le 4 décembre dernier, le président américain Donald Trump avait présidé à Washington la signature d’un accord de paix entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre.
Le M23 toujours actif, une situation critique
Les combats se poursuivent dans l’Est du pays, où le M23, groupe rebelle soutenu par Kigali selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, continue d’étendre son emprise. Il contrôlerait aujourd’hui « la plus vaste étendue de territoire jamais occupée par un groupe rebelle en RDC depuis les années 1990 », souligne Adolphe Muzito.
Face à cette menace persistante, le gouvernement congolais affirme avoir pris ses dispositions. Le vice-Premier ministre révèle que cinq milliards de dollars ont été inscrits dans le budget national récemment adopté, afin d’être mobilisés sur une période de cinq ans pour renforcer les capacités de défense du pays.
« Le président Tshisekedi a fait le choix de la diplomatie, mais nous ne sommes pas naïfs », insiste-t-il, assurant que la RDC se prépare à tous les scénarios.
Un accord stratégique en discussion avec Washington
Parallèlement aux enjeux sécuritaires, Kinshasa mène des discussions avec Washington autour d’un accord stratégique comprenant un important volet économique et minier. Si les détails restent confidentiels, Adolphe Muzito assure que le texte sera rendu public une fois finalisé.
Riche en ressources stratégiques, la RDC est le premier producteur mondial de cobalt et détiendrait environ 60 % des réserves mondiales de coltan, des minerais essentiels aux technologies modernes. Une richesse qui attise les convoitises internationales, notamment celles des États-Unis.
Mais pour le gouvernement congolais, il n’est pas question de brader ces ressources.
« Les Américains ne peuvent pas décider seuls de ce qu’ils veulent. C’est nous, ensemble, qui allons décider », martèle Adolphe Muzito, rejetant toute idée de pillage et promettant un partenariat équilibré, « gagnant-gagnant ».

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