Accord de Washington : cinq mois après, la paix piétine et les tensions demeurent
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| Cinq mois après sa signature, l’Accord de Washington peine à produire des effets concrets. Le dernier rapport du Baromètre des accords de paix révèle une mise en œuvre lente, des engagements non tenus et une recrudescence des tensions sur le terrain. |
Cinq mois après la signature de l’Accord de paix de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le processus peine à décoller. C’est ce que révèle le dernier Rapport d’évaluation du Baromètre des accords de paix en Afrique, couvrant la période du 1ᵉʳ au 30 novembre 2025.
Un processus qui perd de la vitesse
Sur les 30 tâches prioritaires définies dans le cadre de l’accord, seules 19 ont été amorcées, soit un taux global d’exécution de 23,3 %. En intégrant les actions partiellement réalisées, la performance atteint 36,8 %, traduisant un recul notable par rapport aux mois précédents.
Les responsabilités se répartissent ainsi :
26 tâches pour la RDC
22 pour le Rwanda
7 pour la communauté internationale
Mais aucune des parties ne parvient à tenir les délais et engagements.
RDC : un lancement laborieux
Du côté congolais, 16 tâches ont été engagées sans être totalement menées à terme. La RDC affiche ainsi :
22,1 % de réalisation complète
35,9 % en comptant les actions partiellement accomplies
Rwanda : un bilan tout aussi mitigé
Le Rwanda présente un niveau d’avancement similaire :
13 tâches engagées
22,7 % d’exécution complète
38,4 % de réalisation partielle
La communauté internationale un peu plus active
Les partenaires extérieurs — Union africaine, Qatar, États-Unis et Nations unies — enregistrent un taux d’exécution de 39,2 %, essentiellement constitué d’actions préparatoires ou de coordination.
Quelques progrès notables malgré les blocages
Trois avancées ont marqué le mois de novembre :
8 novembre : Signature du Cadre d’Intégration Économique Régionale, ouvrant la voie à une coopération accrue au-delà des questions sécuritaires.
15 novembre : Accord-cadre entre Kinshasa et l’AFC/M23 à Doha, visant à baliser le processus de désengagement dans l’Est.
Fonctionnement continu des mécanismes de suivi (JSCM et JOC), garantissant un minimum de cohérence institutionnelle dans la mise en œuvre.
Les dossiers les plus sensibles restent au point mort
Plusieurs engagements cruciaux connaissent une stagnation totale.
Neutralisation des FDLR
Le calendrier conjoint de neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda, prévu du 1ᵉʳ au 30 octobre, n’a connu aucune exécution.
Recrudescence des combats avec l’AFC/M23
Malgré l’accord-cadre signé à Doha, les affrontements se sont intensifiés sur plusieurs fronts, compliquant davantage le processus.

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